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Une nouvelle interface public pour les routes d'hélénia. Merci à Dehlya pour l'ébauche initiale du projet.

Le contexte de départ du rdh

Des souvenirs. Mon esprit est rempli de souvenirs...

Sont-ils réels ou simplement des rêves? Difficile à dire, à réaliser. Tout semble si vrai, si parfait. Le doute pourtant subsiste au fond de moi...

Ce matin, Lekker est tombée. L'atmosphère est envahie par le soufre et la cendre... Lekker est tombée. Les gardes de la cité ont déserté leur poste. Tout cela ne serait pas arrivé si nous avions écouté les présages des prêtres de Kétal. Comme ai-je pu, moi Antalus Birok, forgeron de mon état ne pas écouter les prédictions transmis par le dieu que je vénère. Je paie mon affront et je ne suis pas le seul. Nous aurions pu lever nos armes, appeler des renforts et renforcer nos défenses...

Mais les présages ont la consistance du cristal, le moindre rire les fait voler en éclats. Nous avons été bien trop nombreux à nous divertir de ses présages. Il semblerait qu'aujourd'hui les barbares ont déjà atteint les vieux quartiers de Lekker.

J'arpentais les ruelles pleines d'une foule inconsistante et affolée, sans savoir moi-même où cela aller me mener. Les marchands que je croisais étaient agités et ils ne prenaient même plus le temps de me saluer. Je m'arrêtais un instant sur la place faisant face au lieu de culte de Kétal. J'écoutais les discours vindicatifs des prêtres... Une rédemption était peut-être encore possible à les écouter. Je perdais ma foi. Depuis ce matin, l'espoir m'avait quitté. Le port et la grande porte de l'est sont tombés aux mains des barbares. L'équilibre est rompu. Ce matin, Lekker est tombée.

Le repas de midi se fit ressentir dans mon estomac. Les hordes de barbares commençaient à déferler dans les rues de la cité. Le prévôt de Lekker avait envoyé quérir tous les hommes valides pour défendre la cité. Toutes les forges et leurs stocks avaient été réquisitionnés par l'armée. Les barbares semblaient animés par une furie venue d'ailleurs. Les efforts du prévôt étaient vains, les barbares progressaient un peu plus à chaque seconde qui s'écoulait. Tel un sablier, le sable tombait vers le bas et Lekker n'avait pas le pouvoir de le retourner.

Je ne sais pas si c'est la chance ou une force divine qui voulu cela, mais un peu de chance dans une situation de désastre me sourit. Je fus recruté de force comme tous les hommes valides, dans l'armée de Lekker. Mais mon rôle ne fut pas de partir sur le front pour sacrifier ma vie dans une cause perdue, Ma tâche fut d'escorter un messager ! Je fus soulagé en apprenant mon rôle, j'allais avoir l'autorisation de quitter Lekker. Ma ville depuis toujours, mais une ville qui ne serait plus d'ici peu. Le messager devait porter un message à Carlomart, la capitale de la principauté, pour les prévenir de l'invasion des barbares. Le prévôt ne pouvait pas se permettre de se séparer d'un de ses hommes entraînés au combat pour cette tâche, alors que moi... Après une journée d'errance dans la cité assiégée de Lekker, l'armée m'avait recueillit. Ruiné, épuisé, je n'avais plus un sou sur moi, c'est l'hospitalité de l'armée qui fut mon salut. Si l'on peut parler d'hospitalité, car le moindre service que cette armée vous donne, vous devez le lui rendre. Muni d'une des plus belles montures de Lekker, je quittais famille et ami pour accompagner Tibolu le grassouillet, un hobbit à l'arrogance sans limite.

Voilà donc le prix que je devais payer pour avoir pris un bon repas. Comment pouvait-on recruter un tel personnage pour une mission si importante. Je ne le saurais jamais. Le voyage passa à un rythme que je trouverais toujours trop long. Tibolu ne cessa pas de parler tout au long du chemin. Je savais tout de sa famille sur une dizaine de générations. Mais pourquoi donc Kétal laisse les hobbits avoir de si grandes familles ?

Encore une question à laquelle je ne pourrais pas trouver de réponse.

Les côtes d'hélénia brulaient de milles feux. Partout les barbares semblaient avoir débarqué. Je ne fus presque pas surpris lorsque nous arrivâmes en vue de Carlomart de découvrir que le port de la capitale était bloqué par une trentaine de navires barbares croisant au large. La situation était exactement la même que celle que nous venions de quitter à Lekker avec plusieurs dizaines de jours de différences. J'avais quitté Lekker pour éviter de la voir sombrer sous les flammes, mais je me retrouvais à Carlomart dans une situation presque identique. Les dieux avaient décidé que c'était la fin de ma vie et quoi que je fasse, je ne pouvais l'éviter.

C'était une invasion préparée avec une minutie rare pour des barbares. Le message de Lekker était désormais sans aucune importance. Carlomart avait ses propres problèmes et il était au courant de l'invasion des barbares. Je laissais mon messager terminer sa mission. Prévoyant de nous retrouver dans l'auberge d'un de ses cousins dans le quartier hobbit : Le bourg des petites gens. J'écumais les auberges des Trollets les unes après les autres. Il n'y avait plus d'artistes de rue, l'atmosphère était lourde et plus à la fête. Les traces de l'invasion n'étaient pas encore visibles sur Carlomart, c'était un siège maritime, et seules des escarmouches au niveau du port avaient eut lieu. Carlomart n'était pas encore tombée, mais ce n'était qu'une question de temps. Qui viendrait nous aider ?

Un couvre-feu instauré par le prévôt Hincmar me surpris et je ne pus rejoindre le messager dans son auberge comme convenu. Je restais enfermé dans une autre auberge, forcé de boire jusqu'à que mes dents du fond baignent dans la bière.

Un nouveau matin se leva. Un brouillard épais et sombre avait recouvert les ruelles de la cité. Kétal m'avait accordé un jour de plus, mais pour combien de temps encore. Je partais en direction de l'auberge du messager, mais je ne le trouvais jamais. Je n'avais rien contre ce hobbit, même si l'entendre jacasser à longueur de journée m'avait usé et aurait usé n'importe quel individu. Je me présentais à l'auberge, mais elle était vide.

Le messager avait du fuir ou être affecté à une autre tâche. Ces amis propriétaires de l'auberge avaient eux bel et bien levé les voiles. L'auberge était restée figée à un moment donné. Tout était en place, il ne manquait que du personnel pour faire tourner cette boutique. La poussière viendrait bientôt sceller le destin de cette auberge, avant que les barbares ne la réduisent complément en poussière. Je me servis une bière? Une bière de plus qui devait me faire oublier cette situation désespérée. Je n'avais rien pour payer, mais personne ne vint me réclamer d'argent. Toute la solde que m'avait donné l'armée de Lekker s'était transformée en liquide la nuit dernière.

Je quittais l'auberge ma choppe à la main pour arpenter les ruelles en cherchant à oublier mon mal de tête et ma peine, lorsqu'un personnage parfaitement immobile me barra le chemin. Pas d'habit lumineux ou de halo étrange comme dans certaines légendes. Un être des plus ordinaires. Si ordinaire que je ne pourrais pas affirmer avec exactitude si c'était un homme, une femme, un elfe, un humain ou même un nain. Un profil, un visage des plus communs auquel personne ne devait faire attention.

Et pourtant lorsque cette personne se présenta ce n'était plus un être ordinaire. J'avais là devant moi un thaumaturge ! Un être mythique, mi vivant, mi dieu, baignant dans une magie que je suis incapable de comprendre. Le thaumaturge me parla de cette guerre qui venait d'éclater et d'une aide divine en faveur des barbares. Le dernier recours d'Hélénia était la cité légendaire de Sheafel. Le thaumaturge cherchait des êtres doués dans les disciplines les plus communes afin d'assurer l'avenir de cette guerre. Ne me sentant pas le courage de refuser la moindre chose à un être de légende... j'acceptais...

Je n'eus même pas le temps de terminer ma phrase que je me retrouvais dans la cité légendaire...

Ai-je trop bu, ai-je tout compris? Qui pourrais me donner la réponse ?

Voilà 12 mois que j'y suis dans la fameuse cité onirique. Je travaille chaque jour dans l'une des forges de la cité. Epée, bouclier, casque, enclume ou encore marteau sont mon lot quotidien. Je réalise de tout continuellement et je place tout cela dans les stocks de la forge sans me poser plus de question... Chaque semaine, les stocks sont vidés par une magie inconnue. Un thaumaturge d'après les explications que l'on a pu nous donner.

Ce n'est pas une disparition, car nous sommes payés pour ça et plutôt grassement. Le thaumaturge n'est même pas regardant sur la qualité de nos produits, car il prend tout même ce qui nous semble de piètre qualité. C'est pour le front des combats nous explique-t-on... C'est notre contribution à la guerre contre les barbares.

Tsim, un hobbit et surtout un des gardiens de Shë'afel, narre dans le journal de la cité l'évolution des conflits régulièrement. Je m'abreuve de ses articles avec l'espoir d'apprendre de bonnes nouvelles. C'est notre seule source d'information au sujet du monde extérieur.

Le prévôt de Shë'afel, un nain plutôt âgé, commente les détails des batailles lorsqu'il passe dans les auberges de la cité. Il rassemble beaucoup de monde avide d'apprendre et de comprendre ce qui se passe. J'ai donc appris la perte de Lekker, puis celle de Carlomart... Désormais le conflit est à Hagen et même T'silith n'est plus à l'abri.

Qu'est qui est vrai dans tout cela ? Est-ce un rêve que je fais depuis plus d'un an.

Suis-je enfermé à Shë'afel pour une faute que j'aurais oublié. A moins que cette guerre n'ait vraiment lieu. J'avais une confiance aveugle dans les thaumaturges par les légendes qui les accompagnent. Maintenant que j'en ai côtoyé, eux aussi ont leur part de vérité.

Ce sont des faiseurs de rêves ! Ne suis-je pas devenu simplement un pantin dans l'une de leur création ?

L'administratrice de Shë'afel nous promet de nouveaux arrivants dans les prochaines semaines. Certainement issus des cités du Sud qui sont désormais menacées par les barbares. Apporteront-ils leur souvenir avec eux ? Cette guerre contre les barbares semble si réelle, qu'il est difficile de douter de sa véracité, mais notre manque d'informations laisse le doute s'installer au fil des mois. Espérons que nos doutes ne feront pas basculer cette guerre en faveur de l'autre camp.

Tout ce que je sais, c'est qu'il n'y a qu'un rêve que nul ne peut créer pour moi et que personne ne me fera oublier, c'est celui d'être à nouveau « Sur les routes d'Hélénia. »

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